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La pulsion de mort est morte
- Au-delà du principe "déplaisir" -

« Je crois qu’on a écrit davantage sur les mauvais
objets intériorisés, ainsi désavoués, que sur le déni
des bonnes forces et des bons objets intérieurs.»
(Winnicott – La défense maniaque – 1935)

 
 
     
       
     


S’il y a bien une thématique psychanalytique qui n’a cessé de faire couler beaucoup d’encre, c’est probablement la pulsion de mort. En voici d’ailleurs encore quelques lignes, une «couche» de plus, histoire de l’enterrer définitivement ; car la pulsion de mort est morte. Oui, on peut vivre sans elle… encore faut-il en avoir fait le deuil. Tout au plus, si la pulsion de mort a vraiment existé, elle pourrait être à la pulsion de vie ce que l’antimatière est à la matière : une énergie disparue.

       
     

"La pulsion est une énergie que
l’on pourrait comparer à l’électricité"

Un peu de psychanalyse « quantique »  

Selon Freud, il existe à l’opposé des pulsions de vie (Eros) d’autres pulsions (Thanatos, ou pulsions de mort) qui ont pour objectif de réduire à zéro les tensions afin de restaurer un état antérieur inorganique. Cette proposition n’a pas manqué de faire polémique.
Or, un tel débat sur la dualité pulsionnelle connaîtra un équivalent dans l’histoire des sciences, notamment en physique quantique à propos de la dualité onde-particule.

La lumière en effet se comporte tantôt comme une onde, tantôt comme un ensemble de particules, selon les modalités expérimentales d’observation. Ces deux facettes opposées - ondulatoire et corpusculaire - d'une même réalité physique, ont défié la rationalité scientifique pendant près de trente ans. Face à cette énigme, les savants ont considéré avec humour que la lumière était un ensemble de particules les lundis, mercredis et vendredis, tandis qu’elle était une onde les mardis, jeudis, et samedis, le dimanche étant consacré à la… « réflexion ».

Le mystère a finalement été élucidé : les photons sont bien des particules. Ces mêmes particules (ou corpuscules) ont également des propriétés ondulatoires. Pas de matière sans énergie donc, et pas d’énergie sans matière !
Ainsi, l’électrodynamique quantique permet de décrire tous les phénomènes lumineux, à l’instar de l’ambition de la psychanalyse vis-à-vis des phénomènes psychiques.

Ceci éclaire notre jugement et nous invite à nous livrer à notre propre réflexion : pour quelles raisons doit-on penser la pulsion de mort comme étant une seconde pulsion, distincte de la pulsion de vie ?
Au fond, la pulsion est une énergie que l’on pourrait comparer à l’électricité. Cette dernière peut être convertie en énergie mécanique pour faire fonctionner un moteur, en énergie thermique pour se chauffer, ou en énergie lumineuse pour s’éclairer.

Pourquoi n’y aurait-il pas une seule pulsion fondamentale capable d’adopter des propriétés différentes selon les manières dont nous percevons et interprétons notre monde interne et externe ?

 

La genèse théorique   

Freud a introduit la notion de pulsion de mort pour tenter de clarifier une incompatibilité théorique : l’opposition apparente entre le principe de plaisir - censé régir toute la dynamique du vivant - et la contrainte de répétition qui reproduit sans cesse certaines « expériences vécues du passé qui ne comportent aucune possibilité de plaisir et qui même en leur temps ne peuvent avoir été des satisfactions, serait-ce pour les motions pulsionnelles depuis lors refoulées. (p.290) […] la contrainte de répétition nous apparaît comme plus originelle, plus élémentaire, plus pulsionnelle que le principe de plaisir qu’elle met à l’écart. (p.294)». [1]

Dans L’analyse avec fin et l’analyse sans fin l’auteur inclura plus particulièrement dans cette notion le « masochisme immanent de tant de personnes», puis la « réaction thérapeutique négative » et la «conscience de culpabilité» qui semblent contraires à « l’aspiration au plaisir ». De tels phénomènes « sont des indices indéniables de l’existence dans la vie d’âme d’une puissance, que d’après ses buts nous appelons pulsion d’agression ou de destruction, et que nous dérivons de l’originaire pulsion de mort de la matière animée (p.52) » [2]

À propos du masochisme, Freud explique qu’il « serait un témoin et un vestige de cette phase de formation dans laquelle se produisit cet alliage, si important pour la vie, de la pulsion de mort et de l’Eros. (p.16) […] Sa dangerosité provient de ce qu’il descend de la pulsion de mort, qu’il correspond à la part de celle-ci qui a échappé au retournement vers l’extérieur comme pulsion de destruction. (p.23) » [3]
Ainsi Freud s’interroge sur la pertinence du principe fondamental de plaisir : « Si le principe de plaisir domine les processus psychiques de telle façon que le but immédiat de ceux-ci soit d’éviter le déplaisir et d’obtenir le plaisir, le masochisme est alors inintelligible. » [3]

Mais au fond, une telle interrogation rejoint celle que Freud s’est également posée à propos des rêves de névroses traumatiques qui semblent contredire la règle selon laquelle le rêve est un «accomplissement de souhait». Comment en effet de tels cauchemars peuvent-ils produire, non sans quelque complaisance - via la compulsion de répétition - une telle quantité de déplaisir ?

Le constat est qu’il y a échec du travail du rêve, celui-ci cherchant vainement à « transformer les traces mnésiques de l’événement traumatique en un accomplissement de souhait ». Ainsi, Freud conclura qu’à défaut d’être une réalisation de désirs, « le rêve est la tentative d’un accomplissement de souhait. (p.111) » [4]

À bien y regarder, ne peut-on pas en dire autant de tous les mécanismes psychiques - et somatiques - y compris lorsqu'il s'agit de désorganisations « manifestement » mortifères ? Car l’investigation psychanalytique consiste précisément à se dégager du manifeste pour y découvrir le latent...

De ce point de vue, est-il par exemple pertinent, à partir des dommages collatéraux infligés à ses alliés sur le champ de bataille, d’en déduire qu’il y a là une « pulsion de mort» agissant contre son propre camp ?

"Il y a une différence de taille entre la mort
(la suppression de la vie) et un
principe d’inertie
(ou de constance)
visant à conserver l’homéostasie".

Détruire pour… rien ?   

Selon Freud, «il nous est permis de penser de la pulsion de destruction que son but final est de ramener ce qui vit à l'état inorganique et c'est pourquoi nous l'appelons aussi pulsion de mort. (p.8)» [5]

Toutefois, la conception même d’un retour à l’inanimé, et par déduction «la mort» devient ici une position philosophique. Car il y a une différence de taille entre la mort (la suppression de la vie) et un principe d’inertie (ou de constance) visant à conserver l’homéostasie. Ce dernier cas de figure suppose de maintenir un niveau de tension déjà acquis et satisfaisant. Cette résistance au changement impose donc la mise en place de mécanismes de défenses qui convergent tous vers le même but : le plaisir. Mais ce plaisir – ou plutôt cette tentative de plaisir – emprunte parfois des sentiers opposés à l’objectif recherché pouvant conduire à la destruction complète.

Le cas échéant, ce « ratage » apparent, susceptible de faire penser à une pulsion de mort, peut néanmoins être totalement indépendant de toute intentionnalité - fût-elle biologique ou psychique inconsciente - de mort.

Cependant, certains médecins psychosomaticiens pensent que la plupart des manifestations somatiques régressives mettent le principe d’autoconservation en échec. Par exemple, à propos des patients insulino-dépendants qui déclenchent des comas hyperglycémiques ou hypoglycémiques, Alain Fine déclare que « ces tentatives peuvent s’exercer au détriment du principe d’autoconservation, cette jouissance secrète pourrait s’avérer comme un au-delà du principe de plaisir, un auto-érotisme démoniaque, plus mortifère que libérateur des mouvements de vie.» [6] Objectons à cela qu’un tel mouvement permet au contraire de s’extraire du principe de réalité (la souffrance organique et/ou psychique) pour se réfugier au cœur du principe de plaisir (la perte de conscience étant une décompensation somatique d’apaisement).

Freud comptait beaucoup sur les futurs progrès de la science pour arbitrer la question de la pulsion de mort. Mais disait-il, «notre attente de voir la biologie éliminer purement et simplement la reconnaissance des pulsions de mort n’a pas été comblée. (p.322)» [1]

Les progrès de la biologie ont toutefois permis de mettre en évidence un processus biologique de mort programmée des cellules : l’apoptose. Il est tentant d’invoquer ici une pulsion de mort. Il s’agit d’une forme de «suicide» cellulaire - les biologistes parlent aussi d’autophagie - qui se déclenche lorsqu’un risque potentiel pour l’organisme apparaît ; par exemple, en cas de lésions irréparables de l'ADN, d’activation d'un oncogène ou bien d’inactivation d'un gène suppresseur de tumeurs. Malgré sa dynamique destructrice, ce mécanisme n’en reste pas moins au service de l’autoconservation globale de l’individu. Il s’agit en effet de sacrifier une partie pour sauver le tout.

Mais Freud aurait peut-être considéré ce processus comme une donnée confirmant ses hypothèses : bien que mise au service de l’autoconservation, l’apoptose dérive bien d’une originaire pulsion de mort dont elle est le rejeton actif…

"Notre corps est [...] constitué d’un alliage organique qui lui confère une unité toute relative puisqu’il s’agit d’un organisme pluricellulaire".

La dynamique de liaison pulsionnelle  

Lorsqu’un incendie se déclenche dans une salle de spectacle bondée, il y a de fortes probabilités pour que cela provoque un affolement général et une désorganisation complète. Ce que nous observons n’est pas une pulsion de mort à l’œuvre, mais une pulsion de vie – disons plutôt instinct d’autoconservation – dont l’une des conséquences possibles est, paradoxalement, la mort ! Tel peut être en effet le destin du public paniqué, bloquant l’issue de sortie trop étroite pour écouler le flux d’une foule trop dense. N’est-ce pas peu ou prou dans la même impasse que se trouve notre organisme lorsque, victime d’un trauma, il sombre dans la désorganisation cellulaire faute de pouvoir canaliser les excitations pulsionnelles débordantes ?

Notre corps est en effet constitué d’un alliage organique qui lui confère une unité toute relative puisqu’il s’agit d’un organisme pluricellulaire. Cela signifie que nous sommes constitués de micro-organismes originairement hétérogènes et unicellulaires, ayant fusionné avec d’autres au cours de l’évolution. Nos cellules sont à l’image de ce public, qui bien que très diversifié, n’en représente pas moins une entité organisée, mobilisée par le spectacle… de la vie. L’impact traumatique fait voler en éclat cette cohésion. Chaque individu (chaque cellule) réactive aussitôt ses instincts égoïstes au service de sa propre autoconservation, au détriment de l’ensemble.


"La répétition signe, par son caractère compulsif
pathologique l’échec du processus de liaison,
et non une "dé-liaison" provoquée par une supposée pulsion de mort."


Dans cette perspective, la déliaison traumatique emprunte une issue de secours : la régression. Or le processus régressif reste, lui aussi, au service du principe de plaisir puisqu’il s’agit de retrouver une satisfaction antérieure (autrement dit de chercher à re-lier ce qui ne l’est plus). Ce mouvement se heurte toutefois à certaines difficultés pour atteindre son objectif :

  • d’une part, la régression doit trouver sur son chemin un point de fixation qui doit contenir un quantum de satisfaction pulsionnelle d’une intensité égale ou supérieure au trauma pour pouvoir s’y «fixer» (ou plutôt s’y référer) provisoirement, afin de stopper la désorganisation. En l’absence de "fixations" (c’est-à-dire d’expériences antérieures positives suffisamment "référentes" au plan somatique et psychique) la désorganisation poursuit sa dynamique contre-évolutive pour donner l’illusion d’une pulsion mortifère alors qu’il s’agit d’une course désespérée pour tenter de retrouver un plaisir perdu.
  • D’autre part, le mouvement régressif risque d’être entravé sur son chemin par des résidus pulsionnels non-liés en leur temps (éventuellement enkystés). C’est ainsi qu’une liaison non advenue ou inachevée referait surface, reprenant son processus de tentative d’intrication pulsionnelle avec des matériaux à la fois anciens et actuels. Ceci a pour conséquence de re-conflictualiser le moi qui sera, selon ses capacités élaboratives, plus ou moins contraint de réaménager des processus de défenses primaires - qui se sont avérés utiles au tout début - et qui sont devenus inadaptés et anxiogènes avec le temps.

Or nous pensons que c’est cette dynamique de liaison pulsionnelle qui s’exprime via la compulsion de répétition. La répétition signe, par son caractère compulsif « pathologique » l’échec du processus de liaison, et non une « dé-liaison » provoquée par une supposée pulsion de mort. La notion de compulsion de répétition est généralement employée pour qualifier un travail pathologique (de type psychique, somatique ou comportemental), contrariant les intérêts du moi.

Mais cette connotation négative (amplifiée par son expression pathologique visible) risque de nous faire sous-estimer la « normalité » de ce processus primaire qui semble caractéristique de la matière vivante. Cette dernière répète sur un mode compulsif toutes les expériences vécues (positives ou traumatiques), à l’image du développement ontogénétique qui récapitule en condensé l’évolution phylogénétique (selon « la loi fondamentale biogénétique » de Haeckel). N’est-ce pas par ailleurs l’inlassable répétition de la même expérience qui permet un beau jour au chercheur de "découvrir", tandis que sa découverte, modifiant sa façon d’appréhender le monde, lui permettra de s’engager dans une voie nouvelle, souvent imprévue ?
Freud, en s’inspirant du Banquet de Platon, s’interroge sur le bien-fondé de l’hypothèse selon laquelle «la substance vivante, au moment où elle prit vie, fut déchirée en petites particules, qui depuis lors aspirent à leur réunion de par les pulsions sexuelles […] Ces fragments dispersés de substance vivante atteignent ainsi à la pluricellularité et finissent par transférer aux cellules germinales, avec le maximum de concentration, la pulsion à la réunion. (p.332-333) » [1]

"Certains mâles présentent la particularité
de se souder à la femelle par la bouche, se métamorphosant en véritable
appendice de la femelle".

La nature semble illustrer cette thèse par un exemple bien « vivant ». C’est ainsi que Stephen Jay Gould se délecte à nous raconter que sur la trajectoire de l’évolution, on rencontre cette étonnante fusion entre mâles et femelles d’une espèce très spécifique de baudroie appartenant aux Cératioïdes. Ce poisson évolue dans les profondeurs de l’océan entre 900 et 3 000 mètres sous la surface.
Certains mâles présentent la particularité de se souder à la femelle par la bouche, se métamorphosant en véritable appendice de la femelle. Leurs deux systèmes vasculaires fusionnent alors. Puis le mâle abandonne totalement certaines fonctions organiques devenues inutiles comme la vue et les dents, tandis que ses testicules se développent, devenant alors un simple organe reproducteur que la femelle semble pouvoir contrôler à volonté
(cf. animation ci-dessous inspirée de l’ouvrage de Stephen Jay Gould) [7]).

     
 
 
     
       
     
Mais peut-on admettre une réelle continuité entre les processus biologiques et leurs rejetons « représentationnels » psychiques ? Sur ce point, les fantasmes de l’auteur parlent d’eux-mêmes : « En un certain sens freudien, quel mâle résisterait au fantasme de vivre en tant que pénis doté d’un cœur, fiché en profondeur et en permanence dans une femelle attentive et nourricière ? » [7]

Selon l’hypothèse développée par Ferenczi dans Thalassa, « les êtres vivants se sont d’abord développés isolément à partir de la matière inorganique et n’ont été contraints à s’unir que par une nouvelle catastrophe. (p.134)». Ainsi se déploie le large spectre du monde vivant mû par l’unique principe de plaisir, dont l’un des deux pôles se développe grâce au maintien de processus autoérotiques primaires (la parthénogenèse), tandis que l’autre extrémité répète, post-traumatiquement, la ré-union sexuée via la fusion symbiotique totale.

Cependant, quel que soit le modèle adopté (qui reste bien sûr discutable), nous postulons ici que toute entité corporelle apparemment unitaire a néanmoins conservé les traces traumatiques de ces frictions et mutations organiques primitives, qui pourraient être à la base de toutes les liaisons et déliaisons psycho-somatiques.
Ce sont ces traces qui constituent le cœur même de l’excitation pulsionnelle, et qui se manifestent dès les premiers instants de vie par les frictions d’abord cellulaires, puis des fibres musculaires. L’activité motrice est en effet la première source de plaisir infantile ; «l’excitation sexuelle est favorisée par l’activité musculaire. (p.136)». [8]

"Les plaisirs préliminaires de l’adulte
avant la relation sexuelle génitale, sont une répétition en condensé de tous les plaisirs pulsionnels partiels infantiles déjà vécus"

Le déplaisir d’organe   

Le principe de plaisir paradoxalement, provoque aussi du déplaisir ce qui, de fait, casse l’équilibre en permanence et remobilise sans cesse cette dynamique de liaison pulsionnelle, qui va chercher à relier ce qui s’est délié selon une voie formatée : il s’agit de chercher à refaire à l’identique ce qui a été défait.
Rappelons d’abord que la notion de « plaisir d’organe », introduite vers 1915 par Freud, reprend et élargit le concept de « zone érogène » préalablement développé dans les Trois essais à propos des pulsions partielles :
«… le but auquel chacune d’elle tend est l’accession au plaisir d’organe (p.173) […]. L’amour est issu de la capacité du moi de satisfaire autoérotiquement une part de ses motions pulsionnelles par l’obtention du plaisir d’organe.(p.185)» [9]
Freud proposera de distinguer «le plaisir engendré par l’excitation des zones érogènes et celui qui accompagne l’évacuation des matières sexuelles. Le premier peut être désigné comme plaisir préliminaire, par opposition au plaisir terminal ou plaisir de satisfaction de l’activité sexuelle » qui ne trouve son plein accomplissement qu’à l’issue de «l’évacuation des matières sexuelles (p.148)» [5].

Cette observation ne concerne toutefois que les sujets ayant atteints la maturité sexuelle. Selon Ferenczi, « chez l’enfant, sucer son pouce, battre et être battu, regarder et être regardé peut conduire à une satisfaction complète, pour l’adulte, regarder, embrasser, enlacer ne servent qu’à déclencher le mécanisme génital proprement dit (p.68) ». [10] C’est moi qui souligne.
Comme on le voit, tout ce processus illustre bien la loi fondamentale de Haeckel : les plaisirs préliminaires de l’adulte avant la relation sexuelle génitale, sont une répétition en condensé de tous les plaisirs pulsionnels partiels infantiles déjà vécus.

"Certains troubles et pratiques sexuels s’affranchissent des préliminaires pour éviter l’angoisse contenue dans ces plaisirs infantiles trop excitants"

Bien qu’une distinction qualitative au plan pulsionnel puisse être faite entre le plaisir du suçotement et le plaisir d’être battu, on peut noter que plus le chemin à parcourir entre le début de l’excitation et sa complète décharge est long, plus les difficultés sont grandes, car les mécanismes psychiques et somatiques sollicités et les défenses érigées deviennent de plus en plus complexes avec le temps. Ainsi les voies de décharges courtes tels que somatisations et passages à l’acte sont des mécanismes de défense visant à court-circuiter l’angoisse susceptible d’être envahissante si l’on s’engage dans une voie de réalisation plus longue. Cette dernière implique l’émergence et la gestion de représentations intolérables qui sollicitent des fonctions psychiques élaboratives secondaires ici défaillantes.

C’est ainsi que certains troubles et pratiques sexuels s’affranchissent des préliminaires pour éviter l’angoisse contenue dans ces plaisirs infantiles trop excitants et inélaborés (éjaculation précoce, « fast-sex » coït immédiat avec un partenaire inconnu voire jamais « vu », etc.)

Freud explique que les pulsions partielles « tendent à la satisfaction dans quelque chose que nous pouvons appeler plaisir d’organe. Les organes génitaux sont les plus tardives de ces zones érogènes. (p.180-181)» [11]
Dans un premier temps donc, «la libido a des sources somatiques …(p.11)» [5] puis elle se « répand dans le moi à partir de divers organes et endroits du corps…(id.)»

En ce qui concerne les symptomatologies somatiques, Ferenczi introduit la notion de «libido d’organe », cette dernière étant «redistribuée» selon des modalités spécifiques. « Les organes n’accomplissent leur fonction d’utilité que dans la mesure où l’organisme tout entier se préoccupe aussi de satisfaire leurs exigences libidinales (voir les prestations libidinales fournies par l’organe génital au profit du corps tout entier). Si ce service n’est plus assuré, la tendance à l’autosatisfaction au détriment de la collectivité risque de se réveiller dans les organes, tout comme l’enfant maltraité qui se console par l’autosatisfaction. (p.174) » [10]

"Dans les somatisations hystériques (conversions), la libido se comporte envers l’organe comme le violeur envers sa victime"

L’organe semble donc dans un premier temps trouver son plaisir. Mais au-delà d’un certain niveau de tension on ne peut plus parler de plaisir car « un sentiment de tension comporte nécessairement un caractère de déplaisir. (p.146) » alors même que « cette tension est indubitablement ressentie comme pleine de plaisir » [5].
Une excitation en effet, génère à son tour une nouvelle tension empreinte à la fois de plaisir et de déplaisir, mais cette fois tous deux plus intenses. Le couple dynamique « plaisir-déplaisir » se livre ainsi à une escalade tensionnelle graduelle jusqu’à ce qu’une voie de décharge permette la pleine satisfaction par une chute de la tension, la voie « royale » étant la jouissance sexuelle génitale. Mais cette dernière peut prendre des aspects bien différents selon le degré de maturation psycho-sexuelle du sujet.

Dans les somatisations hystériques (conversions), la libido se comporte envers l’organe comme le violeur envers sa victime : de même que celui-ci choisira plus volontiers une femme aux « attraits » sexuels manifestes (en résonance avec ses fantasmes latents), la libido va, à l’instar de l’agresseur, se porter sur l’organe qui présente déjà les stigmates d’une coexcitation libidinale antérieure (c’est probablement dans ce sens que nous devons comprendre la notion de « complaisance somatique », celle-ci utilisant pour son propre compte un « frayage » somatique antérieur). Cela ne nous autorise nullement à inférer que l’organe, tout comme la victime, a du « plaisir ». Le plaisir d’organe doit donc être compris comme étant un plaisir dans l’organe, mais probablement pas pour l’organe : bref, « ça » jouit dans l’organe !

"La pulsion est objectale,
l’excitation anobjectale"

Rappelons que la pulsion est une poussée psychique constante, puisant sa source dans le somatique, et qui vise un but : la satisfaction, au moyen d’un objet. Autrement dit, avant d’être une « pulsion » elle est une «excitation» somatique qui cherche à se décharger. C’est la décharge qui, en abaissant le niveau de tension, provoque un apaisement. L’apaisement doit toutefois être distingué de la satisfaction. La pleine satisfaction en effet, provient de la décharge de la pulsion au sein de laquelle représentation et affect sont liés, et dirigés vers un objet, tandis que la décharge de l’excitation s’exprime sans liaison et sans objet ; généralement par des passages à l’acte, des conduites «autocalmantes» (notion introduite par Gérard Szwec – IPSO) ou des désorganisations somatiques lorsque la voie psychique (pulsionnelle) est entravée. La pulsion est objectale, l’excitation anobjectale.

Lorsque l’excitation - qui n’est pas psychique - n’arrive pas à s’ériger au statut de pulsion (qui est une excitation psychisée), elle n’a d’autre issue que de se manifester à terme in corpore, en « agressant » l’organe. Celui-ci devient ainsi l’otage d’une excitation enfermée sur elle-même qui ne trouve pas d’issue d’éconduction… faute d’objet, précisément. Dans les névroses actuelles, l’organe investi n’a pas le statut psychanalytique d’objet (puisqu’il s’agit de mécanismes physiologiques) contrairement à la conversion hystérique dans laquelle l’organe est investi en tant que véritable objet symbolique (mobilisant des processus psychiques). Or le but ultime de la libido est d’investir des objets : « cette obligation, apparaît lorsque l’investissement du moi en libido a dépassé une certaine mesure.
Un solide égoïsme préserve de l’entrée en maladie, mais à la fin l’on doit se mettre à aimer pour ne pas tomber malade, et l’on doit tomber malade lorsqu’on ne peut aimer par suite de refusement. (p.229)» [12]

"La matière vivante a dès l’origine été poussée
à rechercher la parcelle de plaisir
ressentie dans l’excitation déplaisante"

L’évolution : une involution contrariée ?

Pour justifier la notion de pulsion de mort, Freud fonde son argumentation en « partant de spéculations sur le début de la vie et de parallèles biologiques.(p.304) » [13]
« Il se peut » dit-il, « que la substance vivante ait été […] recréée sans cesse et soit morte facilement jusqu’à ce que des influences externes prévalentes se transformassent, obligeant ainsi la substance survivant encore à dévier toujours davantage de son chemin de vie originel et à faire des détours toujours plus compliqués pour atteindre la mort-but. […] Ces détours menant à la mort, fidèlements maintenus par les pulsions conservatrices, seraient ce qui nous offre aujourd’hui l’image des phénomènes de vie. (p.310) [1]

Mais ces contraintes et détours alambiqués semblent bien inutiles pour un organisme primitif dont le seul but était, dès les premiers instants, de mourir. Car nous émettons quelques réserves lorsque Freud ajoute :
« l’organisme ne veut mourir qu’à sa manière. (p.311)» [1]

Curieux paradoxe… car on ne peut à la fois admettre qu’il y ait un «au-delà du principe de plaisir», c’est-à-dire un choix de déplaisir en tant que but, et vouloir mourir « à sa manière », autrement dit selon son bon plaisir. Nous devons en conclure que la matière vivante a dès l’origine été poussée à rechercher la parcelle de plaisir ressentie dans l’excitation déplaisante (cette dernière n’étant constituée au départ que de stimuli externes) . Si tel n’avait pas été le cas, le premier organisme se serait laissé porter par la mort sans cesse provoquée par les agressions externes et revendiquée par les pulsions internes : la vie ne se serait pas développée, la mort aurait triomphé en emportant avec elle l’embryon de vie dans sa mortifère et éphémère jouissance masochiste.
Freud avait déjà noté que « les processus non liés, les processus primaires, produisent […] des sensations beaucoup plus intenses que ceux qui sont liés, ceux du processus secondaire. (p.336) » [1]

"Le masochisme [...] préserve de la mort"

Nous pensons que le masochisme ne peut s’édifier qu’à partir du moment où un certain quantum de plaisir a été extrait de l’excitation déplaisante, ce qui peut avoir pour conséquence – lorsque les processus secondaires sont défaillants – de privilégier la recherche de déplaisir, non pour le déplaisir lui-même, mais pour la parcelle de plaisir qu’il contient. Il constitue une répétition dans la voie initiale connue.

En fait, le masochisme (au départ primaire ou érogène) est l’ingrédient qui permet de supporter un certain niveau de conflictualité inhérente à toute forme de vie. Il est d’abord un agent au service de l’autoconservation, puis « transitionnel » qui va permettre d’abord à l’organisme (puis plus tard au psychisme) de supporter le déplaisir pour pouvoir en extraire son substrat de plaisir. Il s’agit donc dès l’origine d’un facteur constitutionnel (biologique) qui préserve de la mort, et dont l’évolution ultérieure va en grande partie dépendre de la nature de la coexcitation sexuelle qui l’accompagne et de la façon dont elle va s’élaborer psychiquement. C’est ainsi que deux autres formes de masochismes sont susceptibles de se développer plus tard :

  1. Le masochisme féminin : Ainsi qualifié du fait que les fantaisies masochistes « mettent la personne dans une situation caractéristique de la féminité, donc signifient être-castré, être-coïté ou enfanter. […] La castration, ou l’aveuglement qui la représente, a, dans les fantaisies, souvent laissé sa trace négative dans la condition que c’est justement aux organes génitaux ou aux yeux qu’il ne doit arriver nul dommage. (p.14) » [3]
  2. Le masochisme moral : Cette forme de masochisme « est avant tout remarquable en ceci qu’elle a relâché sa relation à ce que nous reconnaissons comme sexualité. […] La souffrance elle-même, c’est là ce qui importe ; qu’elle soit infligée par une personne aimée ou indifférente ne joue aucun rôle. (p.17) » [3]

"Le moi ayant peur de «s’éclater», est «pétrifié»"

Nous constatons qu’il s’agit là de stratégies de défenses visant à contourner (masochisme féminin) ou à tenir à distance (masochisme moral) un objet de plaisir trop intense, fantasmatiquement dangereux. Peut-être pourrions-nous dire que la fonction normale de transitionnalité du masochisme primaire/érogène n’ayant pu être assurée, celui-ci s’est fétichisé. Ainsi le moi ayant peur de «s’éclater», est «pétrifié».
Ces deux modalités masochiques supposent donc une avancée psychique, et par conséquent un stade d’évolution se démarquant de la simple vie organique. Certaines configurations symptomatiques relevant d’un masochisme moral manifeste dissimulent généralement des mobiles latents difficiles à percevoir. Ainsi en va-t-il par exemple de ces patients qui sont toujours insatisfaits de la satisfaction ou qui la craignent… Winnicott, lors d’un exposé fait à la Société Britannique le 28 novembre 1945, explique l’une des raisons pour lesquelles le petit enfant n’est pas satisfait de la satisfaction : « il a le sentiment d’être dupé. Il avait l’intention, pourrait-on dire, de se livrer à une attaque de cannibale et il a été mis hors de combat par un sédatif, la nourriture. (p.68) ». [14]

"L’écart risque alors de se creuser entre la haine du mauvais objet et l’amour du bon objet"

Les observations cliniques de Spitz vont dans le sens des positions de Winnicott, ce qui le conduit à conclure : « Il est indispensable que l’enfant réussisse à intriquer ses pulsions agressives et libidinales et à les décharger sur un seul partenaire, la mère. (p.131). » [15] Il s’agit là d’une étape transitionnelle (« préambilavente » - K.Abraham - 1916), qui est primordiale pendant la brève période d’intégration des « organisateurs psychiques » (Spitz) de l’enfant, qui sont des stades de « pré-formatage » en quelque sorte, de son économie psychosomatique générale (uCf. stade anobjectal, stade pré-objectal, stade objectal libidinal). Or chaque phase dispose de ses propres moyens adaptatifs ; et ce qui prédispose au trauma n’est pas tant le trauma lui-même que la période sensible de transition d’un stade à l’autre, pendant laquelle l’enfant sera particulièrement vulnérable aux stimuli.

L’incapacité pour l’enfant de pouvoir attaquer / détruire / réparer / dévorer / aimer le même objet pendant ces périodes, ne va pas lui permettre d’incorporer et de se représenter un objet total. L’objet restera partiel, clivé.

L’écart risque alors de se creuser entre la haine du mauvais objet et l’amour du bon objet. Ce dernier sera mis au premier plan, surinvesti et idéalisé, tandis que les pulsions de destruction - censées être tolérées par la mère - qui n’ont pu se vivre pleinement sur le mode de la satisfaction hallucinatoire, pourront évoluer vers un retournement sur soi sans cesse répété, la liaison pulsionnelle n’ayant pu s’opérer. Plus l’écart entre la cruauté du fantasme et la pureté de l’idéal est grand, plus la collision risque d’être brutale si un événement traumatique surgissant du réel vient percuter le noyau du fantasme forclos, ouvrant ainsi la brèche à des manifestations psychotiques ou somatiques lésionnelles graves, selon le type d’organisation psychique du sujet.

Rappelons qu’au sein d’Eros oeuvrent déjà d’autres pulsions : « les pulsions opposées l’une à l’autre, de conservation de soi et de conservation de l’espèce, ainsi que l’autre opposition entre amour du moi et amour d’objet. (p.8)» [5] Celles-ci s’inscrivent toutes dans un mouvement de liaison ayant pour but « d’établir de toujours plus grandes unités, donc de conserver. (p.8)» [5]. En revanche la pulsion de mort, serait véritablement opposée à Eros dans la mesure où elle cherche à « briser les rapports », à « détruire les choses ». Or, nous dit Freud, « la libido rencontre, dans des êtres vivants (pluricellulaires), la pulsion de mort ou de destruction qui y règne, pulsion qui voudrait décomposer cet être cellulaire et y faire passer chaque organisme élémentaire individuel dans l’état de stabilité anorganique (celle-ci ne fut-elle que relative). La libido a pour tâche de rendre inoffensive cette pulsion destructrice et elle s’en acquitte en la dérivant vers l’extérieur.(p.15)» [3].

"Ce sont [les] processus d’élaboration
secondaires qui vont permettre de « recycler »
une partie du déplaisir en plaisir"

Mais il devient inutile de recourir à une telle hypothèse si l’on admet que ce qui règne dans les êtres vivants n’est autre que le mélange brut plaisir-déplaisir, hérité des frictions allogènes primitives. Si la libido dispose d’une réelle capacité à « rendre inoffensive » la pulsion de mort « en la dérivant vers l’extérieur » , on peut aussi consentir à ce que la libido elle-même (au service de l’autoconservation), se charge de la gestion du «stock» plaisir-déplaisir selon deux modalités primaires :

  1. la libido utilise d’abord pour son compte la parcelle de plaisir contenue dans toute excitation comme d’un combustible (faisant fonctionner le moteur de la vie),
  2. l’énergie ainsi disponible permet à la libido de détruire ce qui perturbe l’homéostase, que cela provienne de facteurs endogènes ou exogènes. Cette destruction, à l’origine de l’agressivité, devient également source de plaisir puisqu’il y a liquidation d’une tension. Nous pensons qu’il s’agit toujours de libido puisqu’elle est par ailleurs réactivée dans l’acte sexuel : « cette composante […] s’exprime au cours de l’acte sexuel par des manifestations musculaires d’intensité croissante qui n’ont pas seulement pour but de retenir l’objet d’amour, mais possèdent aussi quelques traits sadiques évidents (mordre, griffer ).» (p.98) [10]
    Par ailleurs nous dit Spitz « on parle souvent de pulsion agressive mais on insiste rarement sur le fait qu’elle ne se limite pas seulement à l’hostilité. En fait, la plus grande et la plus importante partie de cette pulsion sert de moteur à tout mouvement, à toute activité, grande ou petite, et finalement à la vie elle-même. (p.80) » [15]

Enfin, la troisième modalité de gestion des excitations est assurée par des processus psychiques secondaires qui vont transformer l’excitation en pulsion. Ce sont ces processus d’élaboration secondaires qui vont permettre de « recycler » une partie du déplaisir en plaisir (dans des proportions plus ou moins grandes selon le degré d’efficience de la secondarisation).
A défaut, le sujet débordé par des excitations pulsionnelles trop fortes empruntera les mêmes sentiers que la compulsion de répétition post-traumatique : il s’agira alors d’une tentative de liaison pulsionnelle, seule voie phylogénétiquement déterminée pour tenter de retrouver ce qui a été perdu.

"La liquidation d’une parcelle d’excitation traumatique lors de chaque moment compulsif n’est pas le but recherché, mais
la conséquence
de la répétition"


Nous pensons que la liquidation d’une parcelle d’excitation traumatique lors de chaque moment compulsif n’est pas le but recherché, mais la conséquence de la répétition.
L’hypothèse d’une tendance à revenir à l’état inorganique devient donc inadaptée et il nous faut, pour obtenir une réponse satisfaisante, recourir à une proposition que Freud a lui-même formulée dès 1915 : "les stimuli externes n’imposent que la seule tâche de se soustraire à eux ; cela se fait alors par les mouvements musculaires. […] les stimuli pulsionnels, faisant leur apparition à l’intérieur de l’organisme, ne peuvent être liquidés par ce mécanisme. Ils soumettent donc le système nerveux à des exigences beaucoup plus élevées, ils l’incitent à des activités compliquées […] ils le forcent avant tout à renoncer à son intention idéale de tenir à distance les stimuli, puisqu’ils entretiennent un apport de stimulus inévitable et continu. Nous sommes donc bien en droit de conclure que ce sont elles, les pulsions, et non pas les stimuli externes, qui sont les véritables moteurs des progrès qui ont portés le système nerveux, à ce point infiniment performant, au degré de son développement présent. (p.168)" [9]

Ainsi, "L'équilibre du vivant, c'est un pseudo-équilibre dynamique d'une multitude de déséquilibres naturellement compensés." [16]

"La théorie est une invention qui tente
de rationaliser la découverte"

Conclusion   

Freud écrivait à Ferenczi le 31 juillet 1915 : « Je tiens à ce qu’on ne fabrique pas des théories, elles doivent vous tomber dessus dans la maison comme des invités inattendus… ». En réalité, ce qui peut nous «tomber dessus» n’est jamais une théorie, mais une découverte. La théorie est une invention qui tente de rationaliser la découverte. Toutefois, l’éventuelle inexactitude du modèle proposé ne lui en confère pas moins une portée heuristique considérable, malgré la discrète remarque de Freud dans le chapitre VI de «Au-delà du principe de plaisir » lorsqu’il se demande dans quelle mesure il est lui-même convaincu de ce qu’il avance, sans pour autant demander aux autres d’y croire… Mais au travers de ce texte spéculatif, la notion de pulsion de mort a néanmoins ouvert un champ de réflexion théorique au service du principe de plaisir : celui du psychanalyste bien sûr. Et comme l’indique André Green à propos des sciences : «la sélection des théories se fait au nom du principe de plaisir, plus que du principe de réalité. » [17]

P.M.


 

Bibliographie

[1] Freud – Au-delà du principe de plaisir – 1920 – OCF –XV
[2] Freud - L’analyse avec fin et l’analyse sans fin – 1937
[3] Freud - Le problème économique du masochisme – 1924 – OCF –XVII
[4] Freud - Nouvelle suite des leçons d’introduction à la psychanalyse -
     XXIXe leçon - 1933 - OCF – XIX
[5] Freud - Abrégé de psychanalyse - 1938 – PUF
[6] A. Fine -Masochismes et maladies - Revue française de psychosomatique -
     2000
[7] S. Jay Gould – Quand les poules auront des dents – Seuil
[8] Freud – Trois essais sur la théorie sexuelle – 1905 – Folio
[9] Freud – Pulsions et destins de pulsions – 1915 - OCF – XIII
[10] S. Ferenczi – Thalassa – Payot
[11] Freud – Nouvelle suite des leçons d’introduction à la psychanalyse -
       XXXIIème leçon 1933 – OCF – XIX
[12] Freud - Pour introduire le narcissisme - 1914 - OCF XII
[13] Freud – Le malaise dans la culture – 1930 – OCF – XVIII
[14] D. W. Winnicott – in De la pédiatrie à la psychanalyse - Payot
[15] R. A. Spitz - 1953 - in De la naissance à la parole – PUF
[16] F. Meyer -Situation épistémologique de la biologie – 1967
[17] A. Green - Idées directrices pour une psychanalyse contemporaine – 2002 – PUF