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Les médicaments psychotropes
et le rêve

 
   
Le système sommeil-rêve a une double fonction :    

Le sommeil favorise la restauration somatique, le rêve permet la restauration psychique. C'est la qualité de ces deux fonctions en interrelation qui assurent l'équilibre nécessaire à la vie.
Or aujourd'hui, la clinique psychosomatique nous montre que les dormeurs rêvent moins qu'autrefois. Par ailleurs, nous rencontrons aussi des insomniaques qui ne dorment pas... pour ne pas rêver !
Dans tous les cas, l'absence de sommeil, la suppression des rêves, ou encore les échecs répétés du travail du rêve sont toujours révélateurs de la qualité de la vie psychique d'une personne par rapport à sa capacité à gérer la dépression, les angoisses, les traumatismes, la maladie. Lorsque la vie onirique - donc psychique - est perturbée voire bloquée, les excitations pulsionnelles qui ne sont pas "déchargées" par les rêves empruntent alors d'autres voies, notamment celle de la maladie somatique.

Selon Vassilis Kapsambelis [1] aucun médicament hypnotique n'est capable de produire un sommeil physiologique naturel semblable à celui du dormeur ne présentant aucun trouble du sommeil. Tous les médicaments hypnotiques et psychotropes interfèrent avec le sommeil en modifiant son architecture habituelle, notamment en agissant sur le sommeil paradoxal. Nous savons que le sommeil paradoxal n'est pas seulement lié à l'activité onirique en soi, mais plutôt à la capacité de mémorisation du rêve, donc de sa possible élaboration sous forme de récit.

La communauté scientifique a en effet longtemps pensé que les rêves ne survenaient qu'en phase de sommeil paradoxal. Or, les expériences menées en 1993 par D. Foulkes - psychologue cognitiviste - montrent que les fréquences de récits de rêves de sujets réveillés pendant un sommeil lent profond peuvent atteindre plus de 70%. Tous les stades du sommeil sont donc propices à la production de rêves. Toutefois, la faculté de mémorisation est supérieure lorsque le sujet est réveillé en période de sommeil paradoxal, ce qui permet d'obtenir des récits de rêve auprès de toutes les personnes, y compris celles qui prétendent ne jamais rêver.

En revanche, la remémoration est très difficile après un réveil en sommeil lent. Dans tous les cas, le rêve qui survient le plus aisément à la conscience est celui précédent immédiatement le réveil quelle que soit la phase de sommeil concernée. Les personnes qui disent ne jamais rêver rêvent donc comme tout le monde, mais ne se souviennent jamais de leurs rêves.

En ce qui concerne les insomniaques, ces derniers renonçent souvent au sommeil par angoisse devant le ratage de la fonction du rêve. Or la plupart des somnifères ont aussi des propriétés anxiolytiques. Ils permettent de rétablir le sommeil en réduisant l'angoisse contenue dans le rêve.

Ainsi " Les psychotropes actuels ont réussi la quadrature du cercle : on peut désormais avoir peur de ses rêves et ne pas renoncer pour autant au sommeil, il suffit de les supprimer. [...] Ce n'est plus rêver pour dormir - l'idée que Freud se faisait de la mission physiologique des rêves. Ce n'est même plus dormir pour rêver [...]. C'est désormais rêver ou dormir, le sommeil étant réduit à sa plus stricte fonction physiologique, au sens le plus mécanique et désanimé de celle-ci. " (
Vassilis Kapsambelis - "Rêver ou dormir" - Revue française de psychosomatique - 1998 - PUF)

Doit-on dans ces conditions s'étonner que les rêves s'effacent de la vie onirique des dormeurs lorsqu'on sait que la consommation des psychotropes augmente de façon significative, les français étant les plus grands consommateurs d'Europe ?

 
Ce petit article est extrait d'un texte plus complet que vous pouvez également consulter : "Ceux qui ne rêvent pas"


 
 
 
 

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Travail du rêve :

C'est un mécanisme psychique générant des processus complexes tels que le "déplacement", la "condensation", "l'inversion" la "figuration", la "symbolisation" (qui rendent le rêve absurde ou insignifiant maquillant ainsi son sens profond) puis à un niveau plus conscient "l'élaboration secondaire" afin de lui donner une apparence "acceptable" pour la conscience...

Sans aborder l'interprétation du rêve, disons simplement que la qualité du travail du rêve nous renseigne sur la nature du fonctionnement psychique d'une personne et la qualité de son économie psychosomatique générale.