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La
quête de la preuve scientifique est certes noble, mais elle ne doit
pas devenir une voie invalidante à l'image de ces patients qui
ne peuvent exprimer leur état émotionnel qu'au travers de
leur plainte somatique !... Prenons l'exemple de la neurobiologie qui
se situe aux antipodes de la méthode psychanalytique. Elle n'a
à ce jour rien découvert qui ne remette fondamentalement
en cause les théories psychanalytiques... elles tendent même
à les conforter ! Cela n'empêche nullement les neurosciences
de s'empêtrer dans des problématiques insolubles dont la
teneur idéologique est facile à deviner : une ambition démesurée
de maîtrise avec la volonté de séparer l'inséparable
: le rationnel de l'affectif. La science souffre d'alexithymie
!
Comme André Green l'explique, le sujet de la science (objectivation)
et le sujet sur la psyché (subjectivation) ne sont pas identiques
! Le savoir objectif fait l'objet de controverses scientifiques (Popper,
Khun, Lakathos, Feyerabend
) " Le savoir scientifique n'est
pas le savoir sur la réalité objective mais seulement le
savoir de ce qui se prête au traitement par la méthode scientifique,
à la différence du savoir sur la psyché, qui doit
rendre compte aussi bien de ce qui est traitable par la méthode
scientifique que de ce qui ne l'est pas " (1)
En fait, pour être capable de prendre en compte ces deux aspects,
il est indispensable de partir de l'expérience humaine subjective,
pour aller vers la méthode scientifique.
En se passant de la subjectivité dans le savoir scientifique, "on
échoue à expliquer la coexistence chez le même homme,
du scientifique et du non-scientifique (croyances, religions, expressions
diverses du spiritualisme) (1).
(1)
André Green - Idées directrices pour une psychanalyse comtemporaine.
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