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QUESTIONS - REPONSES La
Psychosomatique :
Psychosoma.org
: Pascal
MENARD :
PM
: Par exemple, les maladies à crises [1] doivent être distinguées des maladies évolutives [2]. En revanche, dans une maladie évolutive (notamment les maladies auto-immunes ou cancéreuses), le processus de somatisation utilise une voie de désorganisation dite "progressive", faute de trouver un palier de fixation somatique " stabilisateur ". L'issue peut être mortelle si aucun travail de remobilisation des processus psychiques n'est entrepris.
PM : En tant que bon normand, je répondrai oui et non ! En fait, les psychanalystes ne rencontrent pratiquement jamais de tels patients pour une raison simple : leur mode de pensée factuelle, essentiellement axée sur les événements concrets, les rend totalement imperméables à tout ce qui concerne la vie psychique en général qu'il s'agisse de celle des autres et plus encore de la leur ; ils ne sont par conséquent jamais en demande d'analyse ou de travail psychothérapique. Par ailleurs, la psychanalyse "classique" - lorsque le patient est allongé sur un divan - est d'emblée contre-indiquée compte tenu de leur difficulté à s'engager dans une véritable relation "thérapeutique" avec l'analyste. Toutefois, seuls les outils de la psychanalyse permettent d'appréhender leur fonctionnement psychique, mais il est indispensable d'aménager un cadre spécifique en proposant une psychothérapie en face à face. En général ces patients sont pris en charge par la médecine compte tenu du caractère somatique de leurs affections. Ce sont donc les médecins bien informés qui les orientent vers un psychosomaticien-psychanalyste. Comment ces patients - qui sont si éloignés de leur vie psychique - peuvent-ils envisager de consulter un psychanalyste-psychosomaticien ? PM : d'une manière générale, peu de personnes admettent facilement qu'il puisse y avoir des facteurs psychologiques dans leur maladie. D'une part, cela risque de provoquer des angoisses d'aliénation mentale, d'autant que l'évocation de "maladie psychosomatique" est souvent fausse - du moins ambiguë - comme je l'ai précisé plus haut. D'autre part, il ne s'agit pas non plus d'invoquer sytématiquement des "raisons psychologiques" à l'origine de la maladie pour justifier une prise en charge psychosomatique, car à dire vrai, sans une investigation poussée nous ne pouvons pas l'affirmer ! Car j'insiste ici : l'idée assez répandue selon laquelle les psychanalystes considèrent d'emblée le symptôme comme ayant un sens symbolique est totalement erronée. Ce
que nous savons en revanche, c'est qu'un travail de psychothérapie
permettra de remobiliser des ressources en agissant sur l'économie
psychosomatique générale, y compris
lorsqu'il s'agit d'une maladie organique qui n'est pas nécessairement
d'origine psychologique. |
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