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Répression et renversement d’affect

 

     
     
 
 
« Les tours des prestidigitateurs nous bernent en s’appuyant sur cette habitude intellectuelle qui est la nôtre. Dans notre effort pour composer de façon compréhensible les impressions sensorielles offertes, nous commettons souvent les erreurs les plus étranges ou même nous falsifions la vérité du matériel qui est devant nous.» (Freud - L'analyse du rêve - 1900)
   
 


CHAPITRES

  1. La répression
  2. Le renversement d'affect

    Commentaires relatifs au chapitre VI de «L’interprétation du rêve »
    (Freud  - 1900)
    :

  3. «Affects détachés des
    représentations»

     
  4. « Répression d’affect et
    renversement d’affect »


  5. Bibliographie
   
 

La répression

"L’affect réprimé devient [...] une quantité d’énergie libre
et toxique dont la voie de décharge risque d’être somatique"

Le processus de répression, en tant qu’agent de gestion de l’affect, est souvent considéré par les psychosomaticiens comme un facteur coresponsable de nombreuses somatisations. Lorsque l’affect a été dissocié de sa représentation intolérable (qui a été refoulée), il reste doté d’une certaine quantité de déplaisir et est, à ce titre, réprimé pour ne pas se développer dans la conscience. D’une certaine manière, l’émergence de l’affect déplaisant va se traduire par un signal d’angoisse qui déclenche aussitôt une répression de la part du moi. L’affect réprimé devient alors une quantité d’énergie libre et toxique dont la voie de décharge risque d’être somatique, provoquant le cas échéant des désordres de types fonctionnels et/ou lésionnels.
Ainsi la répression, peut-on lire habituellement, s’exerce sur l’affect et le refoulement sur la représentation (Freud, sans trop nuancer cet aspect, parlera aussi de « contenu de représentation réprimé (p.276)» [1]). Quoi qu’il en soit, un tel processus, est, au même titre que la projection, un mécanisme psychique à l’œuvre dans des tableaux cliniques divers, qu’il s’agisse de psychonévroses ou de névroses actuelles. Par conséquent, le mécanisme de la répression en soi ne nous éclaire ni sur le destin de l’affect (dont Freud dira «qu’il est de loin plus important que celui de la représentation») ni sur le type d’organisation psychique du sujet. Qu’en est-il du destin de l’affect réprimé ?

Freud introduit le terme de « répression » dès 1900 sans toutefois lui concéder un statut conceptuel spécifique. Tout au plus proposera-t-il d’apporter une précision sur le sens qu’il donne au mot réprimé par rapport au mot refoulé :
« Il devrait au moins être clair que ce dernier accentue plus fortement l’appartenance à l’inconscient que le premier. (p.661)» [1].
Notons que cette accentuation n’est pas une opposition radicale et définitive, une certaine fluctuation topique étant possible entre les deux processus. Freud apportera en 1915 des précisions sur les conditions de développement de l’affect :
« Fréquemment, il faut que la motion pulsionnelle attende d’avoir trouvé une représentation de substitut dans le système Cs. Alors le développement d’affect est rendu possible à partir de ce substitut conscient, et le caractère qualitatif de l’affect est déterminé par la nature de ce substitut. [c’est moi qui souligne]…en règle générale […] un affect ne survient pas tant que n’a pas réussi la percée vers une nouvelle représentance dans le système Cs. (p.221) » [2]
Le fait que « le caractère qualitatif de l’affect » soit « déterminé par la nature de ce substitut » est en effet clairement illustré dans les phobies : l’angoisse du petit Hans se manifeste en présence d’un cheval (qui est la représentation-substitut du père) et non en présence du père en tant que véritable «représentant» de la castration potentielle - et avec lequel il prend toutefois plaisir à jouer au cheval.
Le travail analytique va donc en partie consister à "reconnecter" l’affect avec sa représentation d’origine.
« En règle générale » donc, il ne peut y avoir d’affect sans représentation. Et quand bien même, dans d’autres circonstances, un affect issu d’une représentation inconsciente (qui serait « incapable de conscience » selon l’expression de Breuer) surgirait de l’Ics, cet affect libre, non lié à une quelconque représentation de substitut, n’aurait comme tonalité dominante, que celle de l’angoisse. Cette dernière étant en quelque sorte un affect blanc, c’est-à-dire qui n’est pas ressenti comme étant un affect.
Freud rappelle qu’«il n’y a pas d’affects inconscients comme il y a des représentations inconscientes. Mais il peut très bien y avoir dans le système Ics des formations d’affect, qui deviennent conscientes comme d’autres. Toute la différence vient de ce que des représentations sont des investissements – au fond, de traces mnésiques – tandis que les affects et sentiments correspondent à des processus d’éconduction, dont les manifestations dernières sont perçues comme sensations. (p.219-220) » [2].  

Le renversement d’affect

Il nous apparaît souhaitable de réexaminer la question du renversement d’un affect en son contraire, car un tel mécanisme interroge sur la pertinence des moyens psychiques, tant économiques que dynamiques mis en oeuvre pour éviter l’angoisse.

Pour mémoire, la notion de renversement dans le contraire d’une pulsion fait appel à deux processus distincts :

  1. Le retournement quant au but d’une pulsion
    (couple d’opposés activité / passivité)

  2. Le retournement quant au contenu d’une pulsion
    (transformation de l’amour en haine)

L’affect, quant à lui, est un élément d’expression de la pulsion. Il lui donne sa coloration, sa tonalité affective «dont les manifestations dernières sont perçues comme sensation». Nous pourrions comparer la poussée pulsionnelle chargée d’affect à un véhicule se dirigeant droit vers un arbre. Pour modifier le cours des choses, le conducteur ne peut agir que sur le frein (inhibition) ou bien si la distance de freinage est trop courte, modifier la trajectoire (le but) plutôt que d’inverser le sens de la marche. Toutefois, le choix du but n’a pu se faire qu’en fonction de sa «représentation » préalable, par exemple choisir le champ en tant que destination plutôt que l’arbre ou la voiture d’en face.
Ainsi, dès qu’un affect provenant d’une représentation Cs ou Ics est déclenché, il peut selon le cas :

  • Soit continuer sa route et être maintenu tel quel en liaison avec sa représentation matricielle si sa décharge offre une perspective de totale satisfaction,
  • Soit être dévié de son but et se lier dans sa tonalité d’origine - en totalité ou en partie - à une représentation de substitution opportune qui lui offrira un compromis de satisfaction visant à réduire le niveau d’angoisse,
  • Soit être « freiné » par la répression s’il contient une trop grande quantité de déplaisir. Dans cette dernière configuration, l’affect réprimé peut se décharger directement dans le corps sous forme de troubles somatiques (ou bien dans d’autres circonstances sous forme de passage à l’acte). Ces issues vont dépendre de la qualité de l’élaboration psychique et de l’économie psychosomatique générale du sujet. D’une manière générale, si une coexcitation libidinale excessive accompagne la représentation, le symptôme empruntera plutôt le sentier de l’hystérie de conversion. Si un affect trop intense n’a aucun lien avec la représentation, celle-ci ayant de plus un déficit de coexcitation libidinale, le symptôme sera plus enclin à emprunter la voie d’une névrose actuelle.

 


Commentaires relatifs au chapitre VI de
« L’interprétation du rêve »

(Oeuvres Complètes - PUF)
  

1 - Sous-chapitre intitulé «Affects détachés des représentations» (p.513-515) 

"Il n’est pas nécessaire de recourir à
l’hypothèse d’une inversion d’affect"

Freud, procède ici à une analyse détaillée de l’un de ses propres rêves où il est question, selon lui, de renversement d’affect (p.513) :
Le point de départ de ce rêve est «Un château au bord de la mer » dans lequel se trouvent le gouverneur du château et Freud. Ce dernier poursuit ainsi le récit de son rêve : « Nous redoutons l’arrivée de navires de guerre ennemis, car nous sommes en état de guerre […] A la vue d’un navire, nous nous effrayons et nous nous écrions : Voilà le navire de guerre qui arrive….» Plus loin, Freud précisera à propos d’un événement préalablement vécu dans la vie de veille : « l’analyse montre que la région des pensées du rêve d’où est tiré le navire de guerre est pleine des réminiscences les plus joyeuses […] Des navires anglais étaient attendus, qui devaient être solennellement accueillis, et soudain ma femme s’écria, avec une joie d’enfant : « Voilà le navire de guerre anglais qui arrive ! ».

Ainsi, là où l’on pouvait s’attendre, dans le rêve, à un affect de joie associé à la représentation du navire de guerre, se trouve un affect d’effroi, ce qui semble plaider en faveur d’un « renversement d’affect en son contraire ».
Freud, dans son analyse, note : « Entre les pensées du rêve et le contenu du rêve, je renverse donc ici la gaieté en effroi, et je n’ai plus qu’à indiquer que par cette transformation même je donne expression à une partie du contenu de rêve latent.(p.515)».

Nous devons donc nous interroger sur les mobiles qui pousse ici l’affect plaisant à s’inverser en affect déplaisant. En effet, la tonalité joyeuse du premier affect ne justifie pas de répression particulière (la « joie » ne semble pas, par exemple, liée à une coexcitation libidinale interdite, sauf à reconsidérer le contenu latent du rêve) ; par ailleurs, ce rêve aura donné à Freud « une impression sinistre, d’une extrême tension (p.513) ».

Or nous considérons qu’il n’est pas nécessaire de recourir à l’hypothèse d’une inversion d’affect, ce nouvel affect étant supposé donner - selon Freud - «expression à une partie du contenu de rêve latent.».

Tout le rêve est en effet imprégné d’une tonalité latente de tristesse, de deuil, de mort, tandis que le travail du rêve – dans sa mission d’accomplissement de souhait - va consister à « neutraliser » les affects déplaisants en injectant des représentations « joyeuses » issues de souvenirs vécus.

Freud considère certaines représentations comme pleines « des réminiscences les plus joyeuses » ; Certes, mais elles le sont du point de vue conscient seulement. Or, nous postulons plutôt que les motions d’affects qui les accompagnent contiennent en leur sein des représentations (inconscientes), particulièrement déplaisantes, justifiant précisément le déclenchement du rêve et son élaboration afin de tenter de liquider les tensions.

On peut donc proposer d’autres hypothèses tout en respectant le principe onirique « d’accomplissement de souhait » :

1 - Première hypothèse :

Lorsque dans la vie diurne la femme de Freud s’écrie soudain avec une joie manifeste : « Voilà le navire de guerre anglais qui arrive ! », il se peut que cette exclamation ait tout d’abord provoqué chez Freud un effroi : légitimement provoqué par le cri soudain et inattendu, renforcé par le mot «guerre ». En effet, la joie ici décrite par Freud, est l’affect de sa femme, non celui de Freud lui-même. Ainsi, pour Freud, l’effroi (affect originaire) aurait précédé la joie (affect secondaire) de la bonne nouvelle. Or c’est bien cette première tonalité d’affect qui apparaît dans le rêve malgré sa liaison avec une représentation supposée joyeuse. Si tel est le cas, l’hypothèse d’une inversion d’affect en son contraire disparaît.


2 - Deuxième hypothèse :

Le point de départ du rêve dont il est question ici, est « Un château au bord de la mer (p.513)». Or, cette méta-représentation (« Château au bord de la mer » ou éventuellement « mer » uniquement) correspond à deux autres représentations latentes, liées respectivement aux deux états d’affects opposés contenus en son sein :
1 - la gaieté > affect associé à la représentation d’un voyage heureux au bord de l’Adriatique avec son frère
2 - l’effroi > affect associé à la représentation de la guerre navale entre l’Amérique et l’Espagne, et les inquiétudes qui en découlent quant à l’avenir des siens situés en Amérique.

Le travail du rêve va donc consister à décomposer ces deux affects opposés issus d’une métareprésentation commune (la mer) pour les lier à de nouvelles représentations de substitut via la mise en scène onirique. Il n’y a donc pas «renversement» d’un affect en son contraire à proprement parler, mais déplacement de chaque affect comme en témoigne d’ailleurs la suite de l’analyse de Freud :
«…l’exemple démontre qu’il est loisible au travail de rêve de détacher l’affect occasionnant le rêve de ses liaisons dans les pensées du rêve et de l’insérer en n’importe quel autre endroit du contenu du rêve (p.515).» Ainsi l’affect peut rester inchangé, étant simplement détaché et placé ailleurs, la transformation ne s’opérant que sur la (les) représentation(s).

Commentaires relatifs au chapitre VI de
« L’interprétation du rêve »

(Oeuvres Complètes - PUF)

2 - Sous-chapitre intitulé « Répression d’affect et renversement d’affect » (p.521)

"La censure porte sur l’affect ; mais la nature
de cette censure est la répression, non l’inversion"

A / Dans ce sous-chapitre, Freud propose un point de vue encore différent. Selon lui « la répression d’affect comme le renversement d’affect servent bien aussi dans la vie sociale – qui nous a montré son analogie courante avec la censure de rêve - avant tout à la dissimulation.» (Freud développe ensuite une situation hypothétique où il serait amené à discuter courtoisement avec une personne non estimée, et à qui il préférerait dire des choses hostiles. Il conclut ainsi ) : « La censure me commande donc avant tout de réprimer mes affects, et si je suis un maître en dissimulation j’afficherai hypocritement l’affect opposé, souriant là où j’aimerais me mettre en colère et faisant le tendre là où j’aimerais détruire.»

Nous souhaitons ici émettre une réserve lorsque Freud assimile ce mécanisme de censure conscient (qui se produit à l’état vigile) avec la censure de rêve (qui agit inconsciemment pendant le sommeil).
En effet, dans les deux cas, l’affect n’est nullement inversé car sa tonalité d’origine reste intacte. On peut certes admettre que la censure porte sur l’affect ; mais la nature de cette censure est la répression, non l’inversion : il n’y a qu’un simulacre d’inversion.

D’autre part, la voie psychique empruntée dans la vie de veille (notamment par rapport à l’exemple cité ci-dessus par Freud) est progrédiente et ne permet aucune satisfaction hallucinatoire de désir (il y a donc une frustration consciente), tandis que le rêve utilise une voie régrédiente, offrant ainsi à l’affect une dynamique de liaison hallucinatoire lui permettant de s’insérer - sans modifier sa nature - « en n’importe quel autre endroit du contenu du rêve » (la sensation de frustration est gommée par l’illusion onirique). D’une certaine manière, l’espace de la cure analytique via le transfert (en tant qu’espace transitionnel tel que Winnicott le décrit) offre les mêmes conditions hallucinatoires.

Ce déplacement d’affects a bien sûr comme conséquence classique de susciter un certain étonnement lorsqu’au réveil nous constatons que nous avons éprouvé dans le rêve de la tristesse dans une scène heureuse, ou aucun dégoût dans une scène onirique répugnante par exemple (cf. rêve de Freud urinant sans dégoût sur des cabinets recouverts d’excréments - chapitre IV - p.518).
Dans tous les cas, il semble que ce soit l’affect de départ qui donne sa tonalité au rêve. Il reste l’élément déterminant des motions de souhaits latentes qui l’accompagnent, et tout le travail du rêve va consister à travestir les représentations pour produire le contenu manifeste sur lequel viendra se fixer l’affect. Comme nous l’avons vu, il n’est pas rare que deux affects opposés soient rattachés à deux représentations différentes, le travail du rêve pouvant consister alors, par formation de compromis, à réduire les deux intensités d’affect, donnant ainsi au rêve « une tonalité sensitive indifférente » (p.520)

Quoi qu'il en soit , « ce qui est pénible n’est pas censé être présenté dans le rêve ; le pénible venant de nos pensées du jour ne peut forcer l’entrée dans le rêve que s’il se prête en même temps comme habillage à un accomplissement de souhait. (p.520) » [1].

B / Un dernier point mérite d’être discuté au sein de ce même sous-chapître qui a fait l’objet d’un rajout à l’édition de 1919 :

Freud relate un rêve rapporté par Ferenczi qui, selon lui, « fournit un excellent exemple d’un tel renversement d’affect. (p.522)». Il s’agit d’un homme âgé que la femme réveille en pleine nuit parce qu’il rit bruyamment pendant son sommeil. L’homme raconta plus tard son rêve qu’il est utile de relater intégralement :

« J’étais couché dans mon lit, un monsieur connu entra, je voulus allumer la lumière, mais je ne le pus pas, j’essayai et réessayai de le faire… en vain. Là-dessus ma femme descendit du lit pour venir à mon aide, mais elle non plus ne put rien faire ; mais se sentant gênée devant ce monsieur à cause de son négligé, elle renonça finalement à poursuivre et se recoucha dans le lit ; tout cela était si comique que je ne pus m’empêcher de rire, d’un rire épouvantable. Ma femme dit : « qu’as-tu à rire ? » mais moi je continuai à rire jusqu’à ce que je me sois réveillé. »

Le lendemain, l’homme fut extrêmement abattu, et eut des mots de tête, pensant que son rire l’avait « secoué ». L’interprétation du rêve, resitué dans son contexte, semble toutefois moins drôle. Le vieil homme souffrant d’artériosclérose, avait des raisons de penser à la mort le jour précédent le rêve. Le « monsieur connu » du rêve fait référence à la « grande inconnue » (la mort). Pour Freud « le rire incoercible prend la place des pleurs et des sanglots à l’idée qu’il lui faut mourir. […] le travail du rêve a su transformer la triste idée […] en une scène comique et les sanglots en rire. (p.523) »

Notons tout d’abord que les rires comme les pleurs peuvent traduire indifféremment de grandes joies comme de profondes tristesses. Un rire «nerveux » n’est pas un rire de joie, mais peut correspondre à une décharge d‘angoisse.
Selon notre idée, le déclencheur du rêve pourrait être ici le souhait latent de mourir pendant le sommeil, pour être libéré de la souffrance redoutée d’une attaque diurne. Une telle perspective reflète un souhait assez répandu selon lequel mourir pendant le sommeil est une «belle mort». La tonalité de l’affect est donc donnée dès le départ (la « joie » de mourir pendant son sommeil plutôt que de trépasser dans la souffrance le jour).

Dans le rêve en effet, l’homme souhaite allumer la lumière pour voir la mort en face, mais il en est empêché. Sa femme fait également une tentative : en vain. Toujours dans le rêve, le moi - en tant qu’instance censurante - s’empare ici de l’affect de « joie » non pour l’inverser, mais pour l’amplifier : le rire devient ainsi une arme contre la mort : un homme qui rit n’est pas un homme mort. L’homme parlera de rire « épouvantable ». Le choix de ce mot est le résultat de l’élaboration secondaire qui vient compléter le travail du rêve : le rire cherche à épouvanter la mort… pour la faire fuir.
Lorsque moi et surmoi reprennent le contrôle de la vie diurne, la fatigue et les maux de tête sont le résultat du combat entre les différentes instances psychiques censurantes qui ont lutté contre les motions de souhait inconscientes de mort d’une part, et de la culpabilité qui en résulte d’autre part. Précisons que le réveil prématuré, provoqué par l’épouse du dormeur, a contribué à faire échouer le travail du rêve, ce qui peut expliquer les troubles diurnes qu’il met sur le compte de son rire. Car ce n’est pas ce dernier qui l’a «secoué» (selon ses propos), mais sa femme.

"L’affect n’a subi aucun « renversement » [...] le travail du rêve
ayant simplement façonné les matériaux scéniques (contenu manifeste).

Selon notre point de vue, l’affect n’a subi aucun « renversement » par rapport à la motion de souhait de départ, le travail du rêve ayant simplement façonné les matériaux scéniques (contenu manifeste).

En fait, notre hypothèse ne peut trouver sa pertinence que d’un point de vue strictement économique. Une représentation en effet, nécessite une énergie de contre-investissement moindre que pour un affect dans la mesure où ce dernier est une énergie qui pousse nécessairement à la décharge, tandis que la représentation est une « trace », un symbole mnésique facilement interchangeable. C’est donc sur ce dernier point qu’opèrerait la transformation psychique.


P.MENARD

Bibliographie

[1] Freud - L’interprétation du rêve - 1900 - OCF - IV

[2] Freud - L’inconscient - 1915 - OCF – XIII

 
 

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